Que gagnent les caféiculteurs ?

J'écris mon blog sur Coffeeness depuis 10 ans maintenant et j'ai commencé mon travail avec la phrase «J'aimerai sensibiliser les gens pour les cafés de haute qualité». J'ai un peu ignoré la question si un café «de haute qualité» signifie aussi un café Fairtrade ou équitable. J'avais pour devise que l'argent que j'ai payé en plus arrivera sûrement à la ferme de café.

J’écris mon blog sur Coffeeness depuis 10 ans maintenant et j’ai commencé mon travail avec la phrase «J’aimerai sensibiliser les gens pour les cafés de haute qualité». J’ai un peu ignoré la question si un café «de haute qualité» signifie aussi un café Fairtrade ou équitable. J’avais pour devise que l’argent que j’ai payé en plus arrivera sûrement à la ferme de café.

Mais même les blogueurs de café apprennent leurs leçons. D’abord, je me suis instruit concernant les certificats. C’est quoi exactement le café Fairtrade et quels critères doit-il remplir ? Il n’y a pas longtemps, j’ai fait un interview avec Jörg Volkmann de Elephantbeans (c’est un site allemand) sur le sujet du commerce direct du café.

J’ai compris que les intérêts des caféiculteurs valent chaque question à poser.

«Transparency Colloquium» à Hambourg

Je viens de retourner de Hambourg, où j’ai participé au «Transparency Colloquium», qui a été organisé par Quijote-Kaffee (un autre site allemand) avec la coopération du Professeur Peter Roberts de la Goizueta Business School. Les participants formaient un groupe international de spécialistes de café, torréfacteurs, acheteurs de café, des Baristas, des représentants de la presse et des blogueurs.

Photo: Andreas van Heyden Instagram: andivanheyden

On a surtout parlé de l’importance de la transparence et de sa communication. Il y a avait des torréfacteurs supers qui ont investi beaucoup de temps pour faire des rapports de transparence. C’est un grand pas dans la bonne direction. en plus, cela est bien pour les consommateurs ainsi que pour les caféiculteurs.

Bien sûr, on se pose la question : qui sont les gens qui lisent ce genre de rapports à la fin? J’avoue que l’écho semble un peu limité. C’est pourquoi on s’est demandés pendant la rencontre : comment peut-on rendre le sujet de la transparence plus concret et comment peut-on le visualiser  ?

La question du titre est un appel à vous. Demandez à vos torréfacteurs et vendeurs de café :

« Que gagnent les caféiculteurs ? »

Que gagnent les caféiculteurs pour un livre de grains verts ? Je vous invite à partager les réponses dans les commentaires en bas. Peter Roberts a donné naissance au site Transparenttradecoffee. Les torréfacteurs peuvent s’y inscrire avec leurs cafés. Vous pouvez y trouver des vieux amis de mes tests de grains de café, comme le Quijote-café, Elephantbeans, Cross Coffee, Hot roasted Love ou les Flying Roasters (je suis en train d’écrire ce test – ce café est extrêmement bon).

C’est quoi les chiffres sur le site ?

Green Price Per Pound: Green price paid to the grower (GPP) is the final negotiated price per pound (in $US) paid to a farmer or his/her cooperative, and represents the f.o.b. price at the point and time of export.

Return To Origin: Return to Origin, or RTO, represents the percentage of a coffee’s retail sale that goes back to the coffee supply chain at its origin. RTO is calculated by dividing the green price paid to the grower (GPP) by the green-pound equivalent price charged for each bag of roasted coffee. Green- pound equivalent price is calculated by converting posted (on-line) prices to one-pound equivalents, and then assuming 15% shrinkage during the roasting process.

Source : transparenttradecoffee.org

Le commerce direct en fonction de fusil du marketing

Il y a un avantage en ce qui concerne les labels bio ou Fairtrade : Ils sont basés sur des catalogues de critères et un processus de vérification. Je me suis déjà pas mal prononcé sur les avantages et les inconvénients. Mais qu’est-ce que c’est exactement le «Direct Trade» et qui est-ce qui peut faire de la pub avec cela?

La difficulté est d’opérationnaliser ce terme. C’est quoi le commerce direct? Est- ce que cela suffit si on a fait des vacances au Mexique ou faut-il que le torréfacteur y soit régulièrement? Si c’est le cas, combien de fois doit-il le faire et qu’est-ce qu’il doit y faire exactement? Est ce que cela sera vérifiable?

Ce sujet m’a déjà énervé il y a quelques ans. J’avais trouvé la même photo du même producteur de café sur des sites web différentes. Le titre était du genre «Juan Carlos, notre producteur de café».

Voici un article «Direct Trade is Dead, Long Live its Founding Principles »de l’auteur Nick Brown, qui parle de manière très intéressante de l’histoire de ce terme, de sa fausse utilisation par les gens du Marketing qui venait peu à peu et des précurseurs de la branche.  On a facilement repris le terme du «commerce direct» à cause du son positif, mais on a pas repris les idéals qui sont derrières.

Moi personnellement, j’observe très bien ce qui se passe chez les cafféiculteurs et les commerçants de café en ligne. En plus, je le fais depuis une décennie. On trouve de plus en plus le terme «commerce direct». Même sur des productions de marque blanche où le Marketing et la vente ne sont pas faits par le torréfacteur. Bien sûr, c’est déjà une question discutable si cela contrecarre la notion «commerce direct».

Julius Rathgens vient du «Institute of Ethics and Transdisciplinary Sustainability Research» de l’Université Leuphana à Lüneburg (Bon, c’est déjà un nom très compliqué). Il est en train de se pencher plus systématiquement sur ce sujet. Il a aussi fait un discours sur le «Transparency Colloquium». La question qu’il pose est, entre autre : qui sont les gens qui utilisent le terme «commerce direct» au sens large et surtout, qui fait de la pub avec.

D’après ses premiers comptages, il y a 97 torréfacteurs d’importation directe en Allemagne. Disons plutôt, il y a 97 torréfacteurs qui disent cela sur eux mêmes.

D’après ses interrogations, 20% entre eux n’ont jamais visité une des fermes de café. Cela n’inclue pas les facteurs de la désirabilité sociale (si j’ai bien compris). C’est à dire que le chiffre pourrait même être encore plus haut. Si je vous ai fait rire avec «les vacances au Mexique»… ces chiffres-là sont un peu amers après tout.

La solution : la transparence

En tant que blogueur, je veux toujours réduire et simplifier un peu les informations pour que les lecteurs et moi puissent facilement les retenir. Je suis vraiment fan du commerce direct si les infrastructures y correspondent. Les gens qui utilisent ce terme-là pour avoir un fusil du Marketing le déprécient  pour tous ceux qui l’ont crée.

Le «Direct Trade» n’est pas la seule solution pour un café correct et bon.

Mais comment savoir? Comment distinguer les gens sérieux des autres? Ce n’est pas facile. Je trouve que la transparence est un pas dans la bonne direction pour avoir une vue d’ensemble de la situation actuelle. Si il y a quelque chose que j’ai retenu des discours scientifiques, c’est qu’il y a très peu de recherches et qu’il y a peu de chiffres correctes en ce qui concerne ce sujet-là. C’est même le cas si on ne fait pas de différence entre les régions du monde. Mais il est clair que les dates que l’on a par exemple du Kenya doivent être interprétés de manière très différente que ceux que l’on a du Guatemala.

La transparence peut mener à une vue plus claire sur les chemins entre la ferme et les consommateurs, ce qui est une bonne base pour agir contre les problèmes. Ce n’est pas la transparence en soi qui résout tous les problèmes, mais elle mène à plus de conscience pour tous ceux qui font partie du monde de café.

La peur de la transparence

En regardant les prix nommés «Green Price Per Pound» et les pourcentages de «Return To Origin» sur  Transparenttradecoffee, la chose devient un peu plus claire. Je suis sûr que la plupart des torréfacteurs industriels ne s’inscriraient pas dans cette liste. Ce n’est pas forcément un signe pour des pratiques injustes, mais il faut dire que la différence serait vraiment énorme.

Qui voudra s’inscrire dans cette liste ? Bien sûr, ce sont les acheteurs de cafés extrêmements haut de gamme pour un public plus ou moins fortuné. Dans ce cas-ci, je ne vous conseille vraiment pas de suivre stupidement les chiffres. Tous ceux qui sont inscrits dans cette liste font déjà partie des gens honnêtes. Derrière les prix et les pourcentages, il y a des calculs multifactoriels. Je suis sûr que les torréfacteurs inscrits vous informeront avec plaisir en ce qui concerne les détails.

Mais il y a des doutes, même en ce qui concerne les grains de café présentables – des indicatifs sont toujours réduits. En plus, 20% qui retournent au pays original ne font pas la meilleure figure sur le papier. J’imagine que ce chiffre provoque de l’agitation même chez les gens qui achètent le café pas cher du super marché d’habitude. Chez ces cafés du super marché, il n’y a même pas 20% qui retournent chez les caféiculteurs à la fin. Cette information ne se trouve même pas sur l’emballage. Souvent, on ne peut même pas trouver le continent d’origine du café.

La splendeur trempeuse

Tous ceux qui ont suivi le développement des Cafés Speciality Coffee (encore un de ces mots disant tout et rien; je pourrais écrire un autre article), pourraient penser qu’il y a beaucoup de choses qui ont bougés. Mais est-ce que les caféiculteurs diraient la même chose? Selon ma thèse dépassée  : «Si je paie plus, les caféiculteurs en gagneront plus».

Un équipement poli brillant et des moustaches encore plus impressionnantes ne sont qu’un côté de la médaille. Sur l’autre côté, il y a le café bon marché, les profiteurs de la transparence et la folie du café en capsules. On ne veut même pas penser au fait, que Starbucks a vendu sa licence de commercialisation à Nestlé…

Mais heureusement, il y a aussi les gens honnêtes.

Photo: Andreas van Heyden Instagram: andivanheyden

Beaucoup de ces gens honnêtes se trouvaient au «Transparency Colloquium» à Hambourg. Il y avait une atmosphère agréable et constructive. Je suis vraiment impatient des prochaines étapes. Il y avait vraiment une envie d’agir, de changement et d’une nouvelle orientation de la pensée. En plus, il y avait une bière super bonne de Olli, qui est un Craft Brewer. (Le site est en allemand)

Alors, allez-y et demandez à vos torréfacteurs : «Que gagnent les caféiculteurs ?». Je serai très intéressé par les réponses et je vous invite à les partager dans les commentaires. Ce qui serait intéressant aussi, ce seront les gens qui ne répondent pas ou ceux qui répondent avec des piètres excuses.

  • Photo de l’article : photo: Andreas van Heyden Instagram: andivanheyden

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